Rozenn, Livre 1 de Laëtitia Danae

Editions : Plume Blanche
Collection : Plume d'Argent
Autrice : Laëtitia Danae
Couverture :  Patricia Lo
Parution : 4 Septembre 2018


Résumé :
Rozenn Kaplang est une djinn.
Durant de longues années, son peuple a souffert de la domination des dagnirs,
mais si l’esclavage est officiellement aboli, la liberté, elle, garde un goût amer.
Et si une union entre princes et princesses de ces différentes tribus permettait de tirer un trait sur un douloureux passé ?


AVIS  :

À cause de voir les avis qui défilaient sur la page Facebook de l’édition, je n’ai pas pu résister à sortir Rozenn de ma PAL. J’étais à la fois craintive de le lire avec cette peur inconnue et j’avais  très hâte de découvrir ce qui a été au cœur de beaucoup de lecteur·rices. Je n’imaginais pas du tout cette histoire.

Rozenn est une jeune femme, une Djinn. Elle a toujours vécu à la Bulle, malgré que les siens ne sont plus des esclaves. Ils sont tout de même entravés pour ne pas utiliser de la magie. Une liberté restreindre en somme. Lorsqu’elle entend une discussion entre son père et un autre émir, elle décide de fuir avec ses sœurs. Elles sont rattrapées bien vite et doivent prendre la direction de Pretamia où règne les Dagnirs. Elles ont trois mois pour faire connaissance avec les princes de ce royaume et à terme, peut-être le mariage. Ces princesses, oui elles sont des princesses, ont une chance de sauver les leurs et enfin d’avoir la paix durable. Est-ce véritablement le cas ? Est-ce que les Dagnirs veulent vraiment la paix ? Et bon sang, qu’est-ce qui se cache dans cet univers ?

Nous sommes de suite dans le roman dès la première phrase puis la première page qui nous plonge directement dans le contexte. En plus, ce sont les extraits au début de chaque chapitre qui nous permettent d’en apprendre plus sur l’Histoire et le Savoir en titillant notre curiosité. Heureusement, une liste des différentes familles dirigeantes est présente au début, sinon on se perd un peu. 😜

Rozenn a un fort caractère et c’est ce qu’il fait sa force et sa ténacité. Elle et ses sœurs ont grandi dans un endroit où les convenances sont très peu voire inexistantes et vivent pleinement leurs vies. Quand elle doit apprendre les convenances, ces attitudes hypocrites pour faire bonnes figures, elle va se poser des questions sur des idées reçues mais avant tout, nous faire découvrir sa personnalité et son caractère. Elle est en quelque sorte « indomptable », mais bon tout le monde peut changer d’avis ? J’adore quand elle reste camper sur ses positions.  Elle va se sentir blessée et désemparée du fait de son incompréhension et des manigances. Dans cette cité, elle va voir tout une autre vision, découvrir certains aspects de la vie puisqu’elle n’a plus sa bulle. Elle n’était pas naïve, juste ignorante sur certaines parties, pas crédule également. Dans la Bulle, elle était dans une sorte de cocon. À chaque pas de la vérité et des manigances, elle va découvrir certaines émotions et certains sentiments sans qu’elle les comprenne. Rozenn ne sait plus quoi penser. Elle se pose énormément de questions, elle veut tout faire pour son peuple et protéger ses sœurs mais néglige une partie d’elle-même. 
Les autres personnages, je ne dirai rien sur eux. À vous de les découvrir, j’ai un faible pour Odeleen, Cayden, Rakhshan. À l’inverse, je ne supporte pas Daire (crèèèèèèève) et la Sultane. Je ne vais pas m’étendre dessus. Nous les découvrons petit à petit mais d’autres restent toujours mystérieux. Comme le Sultan, je n’arrive pas à mettre le doigt dessus, une petite chose me démange le concernant. Une personne drôle c’est Callum, il a joué, il a perdu. MOUHAHAHAHA (j’espère que je ne me trompe pas d’interprétation xD).

En lisant ce roman, en voyant ce contraste des coutumes de ces deux différents peuples j’avais le cœur qui se serrait. Les Djinns nous semblent libres, malgré leur condition « renfermé », « en retrait », « bridé », dans un sens des personnes très simples. Je pense même à la colonisation. Alors que les Dagnirs sont plein de faux semblants et très sur les apparences, les manières, les comportements. Il y a toujours l’enjeux de se bien voir, c’est en quelque sorte très codifié. Certes, je ne parle pas des croyances mais du traitement sociétal, si on peut dire. J’avoue que les us et coutumes des Dagnirs ne sont pas pour moi. Ça rappelle fortement les artistocrates, la royauté. Des parallèles avec notre monde, comme précédent écrit et en dessous, le conditionnement du milieu social, l’effet de l’addiction, de la femme objet sexuel voire de l’effet matrimonial sociétal. C’est une mise en avant des cultures, de cette différence qui est fort appréciable, une frontière quelque peu assez nette. À voir par la suite.
Concernant l’histoire dont les enjeux politiques, sociétales et inter-espèces se montrent avec les intrigues, ce tome est pour moi, une sorte d’introduction où on pose les personnages, une partie de cet univers, et un bout de la société des deux peuples. J’ai cette sensation de flottement, où ça aborde le sujet pour assouvir notre curiosité sans trop en dire, c’est la surface. Je n’ai pas vu le temps passé, tellement que les descriptions nous plongent dans ce monde et de voir comment Rozenn se débrouille. Nous avons les réponses à nos questions et parallèlement elles ne sont pas approfondies. Juste qu’il faut pour nous tenir. C’est dans un lieu très encadré où les pions bougent sans avoir le début et la fin. Je n’arrive pas à mettre le mot exact sur ce que je ressens. Certes, j’ai bien aimé car l’univers est intrigant. N’empêche le peu que nous avons et ces petites péripéties, la construction de l’intrigue se met en place malgré la lenteur. Cet univers est très familier, oriental et également très différent. Il ne nous a pas tout dit. C’est vraiment centré plus sur les rebondissements politiques, émotionnelles, véridiques sous ton de révolte, que sur l’action. Les chapitres sont courts avec l’écriture de Laëtitia Danae simple, familière et parfois vieux français. 

Qu’est-ce qu’il va se passer ? Que va-t-il se passer pour Rozenn ? Comment elle va faire ? Quelle surprise à cette fin, je me suis jetée sur le site internet pour voir si le tome 2 sort en 2019. Vivement que je commande le Pack. Le p’tit plus, ce sont les dessins qui enjolivent les pages. 

Un premier tome malgré le manque « d’action » est dynamique pour ces petits rebondissements d’intrigues de Cour et la mise en place du contexte, des cultures, de l’histoire et des enjeux. Un univers que j’ai pris plaisir à découvrir dont j’attends impatiemment d’en savoir davantage. Grâce aussi à l’écriture de l’autrice, dans son style familier et vieux français, nous embarque très facilement dans les péripéties de Rozenn notamment dans ses sentiments et ses émotions.

Commentaires

  1. Je ne connaissais pas du tout et il m'a l'air assez profond dans ses thématiques et tout cas le côté Djinn est intéressant

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    1. C'est ce que j'ai vachement ressenti. Pour les Djinns, c'est assez original. ;) Tu connais l'édition ? =)

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